dimanche 7 juin 2020

These little everyday things



There are seven things that do not fail to cheer me up when they happen.

Seven things that cost me nothing.

The baby's smile in the morning upon waking, when our eyes meet.
The clucking of hens pecking at the corn that I put to dry in the sun.
The smell of kaolin that fills the air when the rain falls on the dusty ground.
The sight of a little bird sheltering from the rain under the roof of my bedroom.
The fortunate coincidences, when I have a sudden urge for homemade yogurt, and a visitor brings it to me.
The narrow escapes, when on several occasions I fail to fall from the mototaxi, and God forbid.
The relief I feel when I finish an article, a story.

These little everyday things often go unnoticed,
Sometimes disappear under the pain of the effort they involve.
And yet, when I come to realize it,
When I manage to capture the blessings of these moments,
They do not only make my day, they make my life.

Ivanova N. Fotso

Ces petits riens du quotidien




IL y a sept choses qui ne manquent pas de me réjouir quand elles arrivent.
Sept choses qui ne me coûtent pourtant rien.

Le sourire du bébé le matin au réveil, quand nos regards se croisent.
Les gloussements des poules qui viennent picorer le maïs que j'ai mis à sécher au soleil.
L'odeur de kaolin qui remplit l'air quand la pluie tombe sur le sol poussiéreux.
La vue d'un petit oiseau qui s'est abrité de la pluie sous le toit de ma chambre.
Les heureuses coïncidences, quand j'ai une soudaine envie de yaourt fait maison, et qu'un visiteur me l'apporte.
Les échappées belles, lorsqu'à plusieurs reprises je manque de tomber de la moto-taxi, et Dieu m'en préserve.
Le soulagement que je ressens quand je termine un article, une histoire.

Ces petits riens du quotidien passent souvent inaperçus,
Parfois disparaissent sous la douleur de l'effort qu'ils impliquent.
Et pourtant, quand j'arrive à m'en rendre compte,
Quand j'arrive à capturer la grâce de ces moments,
Ils font plus qu'ensoleiller ma journée, ils ensoleillent ma vie.

Ivanova N. Fotso

jeudi 9 avril 2020

The hand-washing that made history


Do you know the origin of the phrase "to wash one’s hands of something?" 
   
It means to turn away and refuse responsibility, to dismiss or renounce interest in. It comes from the Bible. 
After being arrested, Jesus was brought before Pilate, the governor of Judea. The chief priests and the elders accused Jesus and demanded his condemnation. After questioning him, Pilate declared that he has found no basis for a charge against him. Even his wife, following a dream, advised Pilate not to be associated with the condemnation of an innocent man. But at the insistence of the crowd, Pilate finally gave in. To clear himself, he took water, washed his hands in front of the crowd, and said, "I am innocent of this man’s blood. It is your responsibility!”( Matt 27:24) From this was born the term "wash one’s hands of something".      
But there was much more than hand washing on that crucial day commemorated on Good Friday.

Le lavage des mains qui a marqué l’histoire


Connaissez-vous l’origine de l’expression « s’en laver les mains ? »


Cette expression signifie : se désintéresser de quelque chose, décliner toute responsabilité de ce qui pourrait se passer. Elle tire son origine de la bible.

Après avoir été arrêté, Jésus a été conduit devant Pilate par les principaux sacrificateurs et les anciens qui réclamaient sa condamnation. Pilate a déclaré qu’il n’a rien trouvé en Jésus qui mérite la mort. Et même sa femme, suite à un rêve, lui a conseillé de ne pas s’associer à la condamnation d’un juste. Mais devant l’insistance de la foule, Pilate a fini par céder. Pour se disculper, il a pris de l’eau, s’est lavé les mains en présence de la foule, et a dit : « Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde. » (Math 27 :24) C’est de cet acte qu’est née l’expression « s’en laver les mains ».

Mais il y a eu bien plus que le lavage des mains ce jour crucial commémoré le Vendredi Saint.

dimanche 2 septembre 2018

LES OMBRES TÊTUES


Le soir, autour du feu de bois, Grand-père raconte souvent des histoires aux enfants venus passer les vacances au village: Maya, huit ans et son cousin Abba, neuf ans.

Ce soir, Grand-père a choisi de proposer des devinettes.
- Devinette! lance Grand-père.
Nette! répondent les enfants.
- Tiketa!
- Qu'est-ce qu'on répond Grand-père?
- Vous reprenez toujours la dernière syllabe. Tiketa!
- Ta!

Grand-père se penche pour repousser quelques braises dans le feu, puis il dit:
- Je marche, elle marche, je m'arrête, elle marche. Qui est-elle?
- Je l'ai! crie Abba; c'est ma montre!
- Bravo Abba. La prochaine fois, laisse le temps à ta cousine de réfléchir.
- Grand-père, donne encore une autre devinette, supplie Maya. Cette fois, je trouverai.

Grand-père se touche la barbe et dit:
- Je marche, elle marche, je m'arrête, elle s'arrête. Qui est-elle?
- Je l'ai! Abba saute de son tabouret et se met à danser. C'est trop facile Grand-père!
- C'est bien. Maintenant, sois patient. Maya, as-tu une idée?

Maya pose un doigt sur ses lèvres. « Qu'est-ce qui peut bien imiter mes mouvements? Un singe? Non, Grand-père a dit « Elle marche ». Ma meilleure amie? Non, Coco ne fait pas toujours ce que je fais; l'autre jour, elle a même refusé de m'accompagner à la rivière. »
- Euh, Grand-père, je ne sais pas.
- C'est mon ombre! jubile Abba.
Et il saute sur un pied, fait le pied de grue, saut de biche, pas chassé, aile de pigeon, statue; à la lumière du feu du bois, son ombre sur la terre battue fait la même chose.
- Bien les enfants, il se fait tard. Allez dormir. Abba, veux-tu accompagner Maya dans sa chambre?
- Non, Grand-père, je peux y aller toute seule. Je n'ai pas peur.

Et pour le prouver, Maya se lève bravement et marque de grands pas vers la chambre. Au moment où elle lève son pied pour traverser le seuil, Maya sursaute. Son ombre a tremblé! Ce n'était pas juste un frémissement, comme l'eau de la rivière quand il fait beau; mais de grosses secousses de quelqu'un qui aurait le paludisme. « Je n'ai pourtant pas tremblé, j'en suis sûre! Peut-être c'est à cause des flammes qui dansent dans la cour? Comme c'est bizarre! » Vite, Maya, se précipite dans son lit, puis sous la couverture et ne bouge plus. Plus d'ombre, plus de lumière. Maya s'endort enfin.

Cocoriiicooo!

dimanche 13 août 2017

CMACEN

Convention Missionnaire Afrique Centrale (Zone 1)

Cet article aurait bien pu s'intituler "Cahier d'un Retour au Pays Natal".

En effet, étant à N'Gaoundéré pour un court séjour, j'ai eu l'opportunité de participer la 6e convention missionnaire du GBU (Groupe Biblique Universitaire), qui s'est tenue dans les locaux du Collège Protestant de N'Gaoundéré, et dont le thème était "Avance en eau profonde et jetez vos filets pour pêcher." (Luc 5:4b)

Où est le rapport avec le retour au pays natal? me direz-vous. Eh bien, N'Gaoundéré est la ville où je suis née, et le Collège Protestant est l'établissement où j'ai fait tout mon cycle secondaire.

Et ce n'est pas tout.

L'un des points forts de cette convention était la mise en pratique des enseignements reçus. Il s'agissait de sillonner les quartiers environnants en partageant notre témoignage avec tous ceux que nous rencontrions et qui voudraient bien nous écouter. C'est avec une émotion particulière que je me suis retrouvée à la porte de la maison où j'ai passé une grande partie de mon adolescence, et que je n'avais pas revue depuis 14 ans. Bien entendu, personne ne me connaissait et je ne reconnaissais personne. En plus, il m'a semblé qu'il y avait beaucoup moins de locuteurs de la langue française dans ce quartier qu'avant. Le scénario était à peu près le même: je commence par saluer en Fufuldé "Sanu", on répond avec entrain "Yowa Sanu"; et moi de continuer : "Je voudrais vous parler quelques minutes."; et la réaction ne se fait pas attendre: "Mi nanataï" (Je ne comprends pas). Et ça s'arrête là, parce que malgré toutes ces années au Nord, je n'ai pas pu faire rentrer  dans ma tête dure le vocabulaire Fufuldé. Il faut préciser que les locuteurs de cette langue dans cette région sont en majorité des musulmans, ce qui ajoutait donc à la difficulté de communication. C'était néanmoins une belle expérience.

C'était aussi une belle expérience humaine, comme peut l'être un tel rassemblement de personnes de diverses origines: 18 Centrafricains, 98 Camerounais et 108 Tchadiens. Il y a un moment qui n'est jamais neutre pour moi, celui des présentations: " moi c'est Ivanova...I-va-no-va...Si si c'est mon prénom...non je n'en ai pas d'autres...non ce n'est pas dans ma langue maternelle...oui vraiment, les parents!...ok vous pouvez m'appelez Fotso si vous préferez..." Je prends ça avec humour maintenant, mais avant c'était un gros complexe.

Les enseignements, les débats, les partages dans la chambre, les repas, et même les difficultés (problème d'eau, choc culturel, etc) ont contribué à rendre ce moment inoubliable.

Étant donné que je ne suis pas membre du GBU et que je n'avais pas la totalité de la somme requise pour participer à cette convention, je peux conclure en disant, avec un cœur reconnaissant, que c'est une grâce particulière qui m'a été faite, et que j'ai été au bon endroit, au bon moment.

I.N.F

Le Mont N'Gaoundéré. (Ngaou signifie "montagne" et Ndéré "nombril" en langue M'boum, la langue des premiers habitants.)



Le temple du Millénaire où avaient lieu la plupart des enseignements de la convention.

Le Collège Protestant (Crée en 1957, il est le fruit d'une coopération entre le Cameroun et la Norvège.)

Allocution du Sécrétaire National du GBEEC, le Rev. Dr Alphonse TEYABE.


Moment de détente

La bibliothèque du Collège Protestant. C'est l'occasion pour moi de rendre hommage au bibliothécaire de l'époque, et professeur de Bible, Monsieur Gazawa François, de regrettée mémoire. Merci d'avoir éveillé en moi le goût de la lecture, et de m'avoir donné les trois livres qui ont constitué ma toute première bibliothèque personnelle.

Mes camarades de chambre, originaires du Tchad, découvrent le poisson braisé camerounais. Toutefois, juste quelques minutes après avoir partagé ce bon moment, nous nous sommes retrouvées dans la chambre voisine pour pleurer avec une autre participante qui venait de recevoir du Tchad la triste nouvelle du décès de son fils adoptif.

lundi 24 juillet 2017

Les Aventures de Nono & Fotso (1)




 


NONO & FOTSO  et les cadeaux de Noël

Ce matin, Nono et Fotso ne traînent pas au lit comme d’habitude, ils ont reçu une mission très importante : préparer des cadeaux de Noël pour les enfants démunis.  La monitrice de l’école du dimanche a dit : « Vous pouvez donner un jouet, une chemise, un livre, ce ne sera pas petit ». Les garçons ont pensé : « Ça tombe bien ! Maman a dit qu’on ira bientôt au marché nous acheter de nouveaux vêtements et des jouets. C’est une bonne occasion pour se débarrasser de nos vieux objets ».
Nono vide son sac de jouets par terre, Fotso plonge la tête et les bras dans sa valise :
-       -    Je peux donner cette chemise à carreaux, dit Fotso
-       - Tu es sûr que tu ne vas plus la porter ?
-       -   Euh, si. Tu as raison, donnons plutôt ce vieux boubou…

-         - Voici un  jeu de cartes pour apprendre les noms des pays, dit Nono en brandissant un petit carton.
-         -  Tu penses que tu n’en auras plus besoin ? 
-         -  Hmm…c’est vrai, je pourrai encore m’en servir…donnons plutôt cette vieille voiture en plastique dont les piles ne marchent plus ; ils pourront toujours s’amuser à la faire rouler avec les mains.

Au bout de quelques batailles de vêtements et de projections de jouets à travers la chambre, Nono et Fotso sont prêts à apporter leurs paquets à la monitrice. 
Mais avant cela, il y a un autre évènement qu’ils attendent avec impatience : ils vont eux-mêmes recevoir leurs cadeaux de Noël !

The fable of Kabisa the Dog and Kidogo the Donkey

 ( Personal writing challenge, write a story based on this image) A donkey and a dog belonged to the same master. The donkey, called Kidog...