vendredi 31 décembre 2021

IL N'Y AVAIT PAS DE PLACE POUR EUX

Cette semaine, j’ai rendu visite à une famille de refugiés que j’avais perdu de vue depuis 3 ans. J’ai croisé la mère par hasard dans la rue, et elle m’a amenée voir où ils vivaient désormais. Quelques planches en guise de mur, des bouts de tôles pour toiture, le tout installé provisoirement sur un terrain rocailleux, dans un bidonville marécageux. Elle m’a raconté comment ils en sont arrivés là, chassés de maison en maison, notamment pour le loyer impayé. Elle m’a confié son ultime espoir, celui de voir sa famille sélectionnée par le HCR pour être envoyée en Occident, car depuis des années qu’ils ont trouvé refuge au Cameroun, il n’y a pas vraiment de place pour eux dans la société. 

Ne pas trouver sa place, aller de maison en maison, je l’ai expérimenté à un degré moins grave, lorsque je suis retournée à Ngaoundéré ma ville natale, en 2017, dans l’espoir de m’y installer et commencer une nouvelle page. C’est un sentiment de rejet difficile à vivre.

Notre Sauveur aussi n’a pas trouvé une place quand il est venu au monde. Les crèches qui décorent si joliment les maisons pendant la saison de Noël rappellent la scène de la nativité : « Et elle enfanta son fils premier-né. Elle l’emmaillota, et le coucha dans une crèche » (Luc 2.7). Mais on ne s’attarde pas souvent sur la deuxième partie du verset, qui explique pourquoi ils ont dû s’installer dans une crèche, « parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans l’hôtellerie. » 

J’imagine Joseph et Marie – qui certainement ressentait déjà les douleurs de l’enfantement – suppliant l’hôtelier, voyant la porte se fermer à leur nez, cherchant dans les alentours un endroit où Marie pouvait au moins s’étendre et mettre au monde son enfant. Je devine les odeurs, les bruits des animaux éventuellement, l’inconfort qu’il peut y avoir à accoucher dans une mangeoire. 

La façon dont notre Sauveur est venu au monde nous rappelle la raison de sa venue. En célébrant Noël, rendons grâce à Jésus qui nous apporte le salut et partageons avec les autres cette bonne nouvelle. 

Pensons aussi à ceux qui autour de nous vivent dans des conditions précaires, et avec qui nous pouvons partager notre repas de Noël... et des jours ordinaires.


P.S. La 1ere photo date de 2016, lors d'une visite dans un camp de réfugiés à l'Est du Cameroun. J'en ai parlé dans l'onglet "Même pas peur"

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