dimanche 11 octobre 2020

Comment une leçon de narratologie a amélioré ma santé mentale


Connaissez-vous le schéma actantiel ? 

Créé par le sémioticien Algirdas Julien Greimas en 1966, il décrit les rôles des personnages d’une histoire, et les relations entre ces personnages. On me l'a enseigné au lycée et à l'université, dans le cadre de l’analyse du récit. Personnellement, je me sers aussi du schéma actantiel (ou actanciel) pour créer une histoire.

Pour mieux vous expliquer comment il a impacté ma santé mentale, je vais commencer par expliquer son fonctionnement.

Dans ce schéma (voir image), le sujet (héros, personnage principal) est celui qui poursuit la quête d’un objet. L’objet est ce que le sujet cherche à obtenir. Il est aidé dans son action par les adjuvants (personnages, évènements ou objets positifs). Les opposants (adversaires ou obstacles) cherchent à empêcher sa quête. Le destinateur ou émetteur est ce qui pousse le sujet à agir. Ça peut être une personne ou un concept : l'amour, la foi, le devoir etc.

Le destinataire est celui à qui profite l’action du sujet. Ça peut être celui qui l'a envoyé, d'autres personnages, où le sujet lui-même.

C'est ce dernier cas qui m’a interpellée.

Très souvent, moi (le sujet), je lis la Bible avec le désir (émetteur) de vivre une vie de sanctification. Je cherche donc à poser des actes conformes à la Parole (quête de l’objet). Le problème c’est que je me trompe souvent de destinataire. Je crois que l’acte que je pose profite à Dieu et je m’attends plus ou moins à une récompense de sa part. Quand je ne vois rien venir, je suis désorientée et découragée. Je prends un exemple précis.

Au début de ma vingtaine, m’étant engagée à servir le Seigneur à travers les écrits, j’ai décidé de faire attention à ce que je lisais, regardais ou écoutais. Je me suis débarrassée des livres, musiques ou films à connotation violente, sexuelle ou tout simplement non-édifiante. Ayant agi de la sorte, j’ai pensé que Dieu serait si content de moi qu’Il m’accorderait une bénédiction spéciale : une réussite éclatante dans mes études, la guérison totale de mes problèmes de santé, etc. Après un temps je n’ai rien vu venir, je ne me sentais pas plus bénie qu’avant, et mes problèmes n’avaient pas disparus. J’étais déçue et je me suis dit : « à quoi bon chercher à faire ce qui est bien ? »

J’ai recommencé à lire et visionner n’importe quoi, laissant les mots et les images s’imprimer dans mes pensées sans aucun filtre. Petit à petit, cela a commencé à produire des effets dans ma vie. Je faisais des cauchemars, j’avais des pensées sombres. Et quand je voulais écrire un article ou une histoire, j’insérais sans le vouloir des idées impures. C’est alors que j’ai réalisé que la principale bénéficiaire du bon choix de mes lectures et films, c’est moi-même.

En fait, en recherchant la sanctification dans tous les aspects de ma vie comme la Parole me le demande, j’agis au mieux de mon propre intérêt. C’est aussi dans ce sens que Randy Alcorn, dans Le choix de la pureté, affirme que : « La pureté est toujours un choix intelligent, l’impureté toujours un choix stupide. »

Je dois me rappeler cette leçon très souvent. Surtout quand je vis des situations difficiles qui perdurent et me font souffrir. Je prie, je patiente et je garde espoir. Puis soudain je me décourage et je laisse l’amertume me gagner. Et cela me fait souffrir davantage.

Je n’ai pas toujours compris les versets « Soyez toujours joyeux » ou « Rendez grâces en toutes choses » (1 Thes 5 :16,18) parce que je pensais qu’être joyeuse dans les difficultés, signifiait arrêter d’espérer, et peut-être Dieu n’agira plus. Mais quand j’essaie d’analyser la situation comme dans le schéma actantiel, en essayant de répondre sincèrement à la question : à qui profite ma joie ? Je constate que j’en suis bénéficiaire. Cela préserve ma santé mentale. En plus, Dieu n’oublie pas mes sujets de prière. Il veut que je les lui confie, et que je reste dans la paix et la confiance, ce qui est bien pour moi.

Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ (Philippiens 4 :6-7).



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